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les chroniques d'Istvan

Les Rois maudits : Le Roi de fer

7 Mars 2008 , Rédigé par Istvan Publié dans #Livres

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Les Rois maudits
est un roman historique en sept tomes de Maurice Druon  :

  1. Le Roi de fer (1955)
  2. La Reine étranglée (1955)
  3. Les Poisons de la Couronne (1956)
  4. La Loi des mâles  (1957)
  5. La Louve de France (1960)
  6. Le Lis et le Lion (1960)
  7. Quand un roi perd la France (1977).

Académicien, Maurice Druon a rencontré un vif succès avec cette série et son adaptation télévisée, qui a marqué des générations de téléspectateurs. Une première version télévisée a été diffusée en 1972, avant la parution du septième volume et donc à partir des six premiers romans. Une nouvelle version  a été diffusée en France en 2005 sur France.

Le Roi de fer
 

Au début du XIV eme siècle, le roi Philippe IV le Bel, réputé glacial et majestueux, règne d’une main de fer sur la France. Sous son règne, « la France est grande et les Français malheureux ». Philippe le Bel a trois fils, Louis Le Hutin, l’héritier du trône, Philippe de Poitiers et Charles le Bel, ainsi qu’une fille, Isabelle de France, mariée à Edouard II, roi d'Angleterre.

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Ainsi, tout va donc pour le mieux, puisque la descendance est apparemment largement assurée, et que de plus un rapprochement entre la France et l’Angleterre est annoncé grâce au mariage d’Isabelle.

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Toutefois, les caisses de l’État sont à sec. Or, à cette époque les Templiers  sont très riches et prennent chaque jour un peu plus d’importance. Enguerrand de Marigny, proche conseiller du roi et trésorier royal, indique donc à Philippe le Bel cette source inespérée de revenus que constitue le trésor des Templiers.

Au matin du vendredi 13 octobre 1307, Guillaume de Nogaret , garde des Sceaux, accompagné d’hommes d’armes, pénètre dans l'enceinte du Temple de Paris où réside le maître de l'Ordre Jacques de Molay. À la vue de l'ordonnance royale qui justifie cette rafle, les Templiers se laissent emmener sans aucune résistance. À Paris, il sera fait 138 prisonniers, en plus du maître de l'ordre. Un scénario identique se déroule au même moment dans toute la France. La plupart des Templiers présents dans les commanderies sont arrêtés. Ils n'ont fait preuve d'aucune résistance. Tous leurs biens sont inventoriés et confiés à la garde du Trésor royal.

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Un gigantesque procès commence, qui durera sept ans, au cours duquel les pires infamies seront perpétrées. Le 12 décembre 1313, les quatre plus hauts dignitaires du Temple parmi lesquels Jacques de Molay, grand maître, sont condamnés à la prison à vie. Le lendemain, le conseil royal fait fi du jugement et condamne Molay et Geoffroy de Charnay à être brûlés sur l'Ile de la Cité.

Parallèlement à cela, un conflit agite l'artois. En effet, la question de la succession se pose : est-ce le fils de Philippe, Robert  III, ou sa tante Mahaut, fille de Robert II, qui doit lui succéder ? L’affaire est portée devant les tribunaux et la justice donne raison à Mahaut, mais Robert ne lâche pas prise. Druon le décrit comme un grand géant vorace et obstiné, il lui est donc difficile de s’accorder avec sa tante, possédant elle aussi un fort caractère. Mahaut a par ailleurs marié ses deux filles aux deux fils cadets du roi : Jeanne avec Philippe, Blanche avec Charles, la première apportant à son mari en dot le comté de Bourgogne, l'actuelle Franche-Comté. Sa nièce Marguerite est mariée au fils aîné de Philippe le Bel, Louis. Robert accuse par conséquent le roi de partialité.

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De fait, le conseil royal est divisé en deux courants : d’une part, un « clan » réunit autour de Charles de Valois , frère du roi, moyennement intelligent, démesurément ambitieux et passablement avide, parent de quasiment tous les souverains européens mais lui-même sans couronne ; il supporte Robert d’Artois, son futur beau-fils, et influence grandement l’héritier Louis le Hutin, homme fluet et maladif ; d’autre part, un parti réuni autour d’Enguerrand de Marigny et de Philippe de Poitiers, gendre de Mahaut et par conséquent son principal soutien. Enfin, à l’exemple d'Hugues de Bouville, « brave » chancelier, et de Charles, dernier fils du roi, certains font aveuglément confiance à Philippe le Bel. Cependant, ces querelles ne sont pas seulement des batailles de personnes. En effet, le clivage se fait aussi sur le terrain des idées : le parti de Valois est partisan d’un système politique traditionnel et féodal, où les nobles pourraient par exemple battre leur propre monnaie, formant donc le clan des barons, tandis que Marigny et Poitiers sont favorables à des réformes importantes et à un système étatique plus fort, formant ainsi le clan de la haute administration. Enfin, on peut noter que, selon Maurice Druon, Valois et Poitiers furent hostiles à l’exécution des deux hauts dignitaires du Temple.

C’est dans ce contexte que Jacques de Molay et de Charnay sont mis au bûcher en 1314. Selon Druon, de Molay aurait dit au moment même où le feu l’atteignait : « Roi Philippe, chevalier Guillaume, pape Clément, avant un an je vous appelle à comparaître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Vous serez tous maudits jusqu’à la treizième génération de votre race ! » Nogaret est mort, selon diverses sources, en 1313. Il y a donc ici une incohérence par rapport à l'œuvre. De plus, Maurice Druon attribue la mort à Mahaut par la voie de sa fidèle dame de compagnie, Béatrice d’Hirson, celle-ci ayant voulu se venger à la suite d’un différend avec le garde des Sceaux.

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En avril 1314, éclate l'affaire de la tour de Nesle. En effet, Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis, et Blanche, femme de Charles, sont dénoncées par Isabelle, fille de Philippe le Bel et reine d'Angleterre. Elles auraient trompé leur mari sans honte avec deux frères d'aunay, tous deux chevaliers de l'hôtel royal. Les deux amants sont jugés et condamnés pour crime de lèse-majesté, et sont exécutés sur-le-champ en place publique.  Les implications politiques sont si graves que le châtiment se doit d'être exemplaire. Marguerite de Bourgogne est condamnée à être tondue et conduite dans un chariot couvert de draps noirs à Château-Gaillard. Blanche est aussi tondue mais bénéficie d'un « traitement de faveur » : elle est emprisonnée sous terre pendant sept ans, puis obtient l'autorisation de prendre l'habit de religieuse. Femme du cadet, Blanche a donc un traitement moins cruel que sa cousine. Quant à la troisième, Jeanne, femme du futur Philippe V, elle est enfermée à Dourdan pour avoir gardé ce secret. Soutenue par sa mère, Mahaut d'Artois, elle se réconciliera peu après avec Philippe le Long.

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Maurice Druon, et plus généralement les historiens, imputent la dénonciation des épouses infidèles à Robert d’Artois, qui a pour motif de nuire à Mahaut, et à Isabelle, fille du roi Philippe. Druon va même jusqu'à décrire une rencontre entre les deux personnages.

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C
j adore cette partie historique
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