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les chroniques d'Istvan

Louis II de Bavière (2)

28 Avril 2008 , Rédigé par Istvan Publié dans #Histoire


Louis II et la politique



Contrairement à l’opinion couramment répandue, Louis II a toujours été un fin politique, lorsque la situation l’exigeait. La première crise se produisit en 1866, deux ans après son accession au trône. La Prusse rêvait depuis longtemps, sous la pression de Bismarck, d’exclure l’Autriche de l’alliance germanique, ceci dans le but d’isoler l’empire de François-Joseph et de renforcer l’unité allemande. Or, par tradition, la Bavière est alliée de l’Autriche et doit respecter les traités en combattant la Prusse aux côtés des autrichiens. Louis sait parfaitement que son armée est sous équipée et en nombre insuffisant.

 


Louis, contraint et forcé, ordonnera donc la mobilisation le 10 mai 1866. Il se rendra dans l’Île des Roses au milieu du lac de Starnberg suivre désormais la suite des opérations. Sa fuite à l’Île des Roses, condamnée sévèrement par tout le monde, est une provocation consciente et une opposition déclarée vis à vis de ce qui est en train de se passer. En quittant ainsi la scène officielle et en se plaçant sur un terrain relativement neutre, le roi de Bavière sauve la situation. Il combat la Prusse puisque les traités et sa conviction intime l'y poussent, mais sans toutefois se montrer franchement trop hostile. L'intérêt futur du pays est en jeu.  Bismarck en saura gré à Louis. Il a par son attitude prudente, contrairement à ses généraux, évité un sort trop sévère à la Bavière.

 



L’unification allemande de 1870 sera donc la conséquence logique de 1866, « la guerre civile » comme l’appellera Louis. Il lui faudra se ranger, conformément aux nouveaux traités, du côté de la Prusse, contre la France. . Mais il lui faudra encore accomplir le pire : les différents royaumes qui composaient le pays devront maintenant rendre tous leurs comptes à l’autorité supérieure de Berlin, manipulée par Bismarck.

 





Louis, intimement attaché à l’indépendance de son pays et désormais farouchement opposé à la Prusse, n’a qu’une peur : se voir englouti tout entier, lui et son royaume, perdre toute autonomie et tout pouvoir. Il exigera en échange que l’on conserve à la Bavière certaines prérogatives lui garantissant une relative indépendance. On les lui accordera.

Guillaume Ier fut donc proclamé "empereur allemand" le 18 janvier 1871 dans la Galerie des Glaces de Versailles en présence de tous les princes allemands, sauf de Louis II, désespéré et furieux. Seul son frère Otto était présent, mortifié lui aussi.

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