Lundi 5 janvier 2009

En août 1853, l'empereur François-Joseph d’Autriche fête son vingt-troisième anniversaire dans la résidence impériale d’été d'Ischl.

C’est à cette occasion qu’il doit se fiancer officiellement avec sa cousine germaine la duchesse Hélène en Bavière, sœur aînée d’Élisabeth. Mais c’est de Sissi dont le jeune souverain s'éprend. À la surprise de sa mère l’autoritaire archiduchesse Sophie (le seul homme de la famille d'après les diplomates), il annonce le 19 août son intention d'épouser la jeune Sissi, à peine âgée de quinze ans.

Sophie de Bavière

Le mariage est célébré le 24 avril 1854 à Vienne, en Autriche.Les premiers temps du mariage, le couple prend ses quartiers au château de Laxenbourg, aux environs de la capitale. Élisabeth se sent perdue et surveillée par sa belle-mère, une femme intelligente mais dirigiste et obsédée par la révolution de 1848 ou par son entourage à la solde de celle-ci. L'empereur, qui adore pourtant sa femme, est peu présent.

La guerre de crimée vient d'être déclarée, opposant la France de Napoléon III et l'Angleterre Victorienne à la Russie du tsar Nicolas Ier, précieux allié de l'Autriche pendant la révolution de 1848 puisqu'il permit aux Habsbourg-Lorraine de conserver en leur possession le vaste royaume de Hongrie. Le jeune empereur est accaparé par les obligations de sa fonction et doit se rendre tous les jours à Vienne, au palais de la Hofburg, ou au palais de Schönbrunn et n'en revient que très tard dans la soirée. Élisabeth se sent abandonnée.

Cependant, elle est rapidement enceinte et donne naissance successivement à deux filles, Sophie, qui meurt à 2 ans, et Gisèle puis enfin à un fils, Rodolphe, comme le premier des Habsbourg.

Gisèle d'Autriche

L'archiduchesse Sophie décida de prendre en charge l'éducation des enfants du couple ce qui créa des conflits à répétition. De plus la mort de la première fille d'Élisabeth, la petite archiduchesse Sophie, marqua profondément sa mère. La naissance difficile de Rodolphe par la suite et la culpabilité qui la rongeait n'a rien arrangé entre elle et François-Joseph, ni avec sa belle-mère.

Rodolphe, Prince héritier d'Autriche

Les relations entre Élisabeth et sa belle-mère (qui est aussi sa tante), l'archiduchesse Sophie, furent souvent orageuses. Les deux femmes ne pouvaient se comprendre et bien au-delà du conflit familial traditionnel il y avait entre elles le fossé de deux visions différentes des devoirs d'une souveraine et de deux conceptions politiques différentes de l'avenir de l'Autriche.

L'archiduchesse Sophie reprochait à sa belle-fille un tempérament "puéril et égoïste" qui refusait de sacrifier sa vie privée à ses devoirs -comme elle-même l'avait fait- plaçant sa vie et ses goûts personnels au dessus des devoirs de sa charge. Intelligente, sensible et cultivée, ayant sacrifié sa vie, ses ambitions et ses amours à une union certes prestigieuse mais avec un homme sans éclat, Sophie ne pouvait comprendre ni admettre que la jeune impératrice n'aimât pas être une souveraine et surtout rechignait à remplir ses devoirs de représentation, préférât être Élisabeth et -somme toute- privilégiât sa vie privée au détriment de sa vie publique. De fait, la ville et la Cour de Vienne n'aimèrent pas Élisabeth dont le mépris pour la capitale autrichienne et ses institutions était connu de tous. Ironiquement, un journal titra un 1er janvier : « Nous remercions Votre Majesté d'avoir daigné passer quatre jours à Vienne cette année ! ».

Toutefois, cette princesse malheureuse ne refusa aucun des avantages financiers de sa position. Comprenant tout le parti qu'elle pouvait tirer de sa beauté qu'elle entretenait avec des soins casi maniaques, elle dépensa sans compter en toilettes, chevaux, équipages et voyages. François-Joseph payait toutes ses dépenses sans jamais lui en faire le reproche.

En 1875, à la mort de l'empereur Ferdinand I er, qui avait abdiqué en sa faveur en 1848, François-Joseph remit à Élisabeth des sommes importantes prélevées sur cet héritage considérable.

Si sa beauté, qu'elle entretint excessivement une fois qu'elle eut compris qu'elle lui conférait un certain pouvoir, était unanimement admirée et célébrée, ses aptitudes équestres étaient également plus que remarquables. Elle fut considérée comme la meilleure - voire la plus intrépide - cavalière de son temps.

(source)

Par Istvan - Publié dans : Histoire
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