Aurige de Delphes
25 Février 2008 , Rédigé par Istvan Publié dans #Art - Photographie
L’aurige de Delphes, « qui tient les rênes», est l'une des plus célèbres sculptures de la Grèce antique , et l'un des rares
bronzes qui nous soit parvenu de l'époque classique. Elle est conservée au Musée archéologique de Delphes et datée, grâce à son inscription, entre deux jeux panhelléniques, soit en 478, soit en
474, soit entre 470 et 467 av. J.-C.

Cette staue d'un conducteur de char grandeur nature (1 mètre 80 de hauteur) a été découverte en 1886 à Delphes sous la Voie sacrée. Elle a été préservée en trois morceaux, le torse et la tête, le bras droit et le reste du corps, de la taille aux pieds (Inv. 3540). Le bras gauche est manquant. L'aurige lui-même faisait partie d'un ensemble plus important composé du char, de quatre ou peut-être six chevaux et d'un serviteur. Des fragments du char, des jambes et de la queue des chevaux ont été retrouvés près de la statue.
L'aurige est représenté debout dans son char. De la main droite, il tient les rênes (qui sont une restauration).

Comme il est coutume pour la course de char, il porte un chiton long ; des
lacets noués sous les aisselles empêchent la tunique de gonfler au vent. Sa tête est ceinte du bandeau de la victoire. Le traitement de l'aurige est typique du premier classicisme, qui conserve
des éléments archaïques, ici le caractère ovoïde du visage et les boucles plates de la chevelure. La statue est conçue pour être vue de trois-quarts : l'aurige tourne la tête à droite, vers
le spectateur, la partie de gauche du visage étant plus développée dans un souci de correction optique.
Il faut noter la perfection technique de cette statue, à la fois dans le raffinement des nuances de couleurs des différentes incrustations, notamment sur la
tête, et dans les assemblages, à peine visibles.

Fonction :
La statue a été consacrée dans le sanctuaire d'Apollon en 478 ou 474 av J-C par Polyzalos, tyran de Géla, pour célébrer la victoire de son char de course aux jeux Pythiques qui y avaient lieu tous les quatre ans en l'honneur d'Apollon. La base, en calcaire, portait initialement la dédicace «Polyzalos, maître de Géla, a dédié [ce] monument commémoratif ». Elle a ensuite été effacée, sans doute parce qu'elle proclamait la tyrannie de Polyzalos. Elle a été remplacée par une inscription plus neutre, comme en ferait un simple particulier : « Polyzalos, vainqueur avec ses chevaux, m'a consacré / le fils de Deinoménos que toi, très honoré Apollon, tu as fait prospérer".
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