Le mystere des templiers (XI)
Puisque tous les Templiers du Royaume de France avaient été arrêtés, Philippe IV le Bel enjoignit les souverains européens (Espagne et
Angleterre) à faire de même. Tous refusèrent car ils craignaient les foudres du pape. Le roi de France n'en fut pas découragé et ouvrit donc le procès des Templiers.
Cependant, l'ordre du Temple était un ordre religieux et ne pouvait subir à ce titre la justice laïque. Philippe le Bel demanda donc à son confesseur,
Guillaume de Paris, aussi Grand Inquisiteur de France, de procéder aux interrogatoires des cent trente-huit Templiers arrêtés à Paris. Parmi ces chevaliers, trente-huit moururent sous la torture,
mais surtout le début des « aveux » avait été enclenché. Parmi les péchés revenant le plus souvent, l'Inquisition entendit parler du reniement de la Sainte Croix, du reniement du
Chrits, de la sodomie et de l'adoration d'une idole (appelée le Baphomet). Seuls trois Templiers résistèrent à la torture et n'avouèrent aucun comportement obscène.
Afin d'essayer de protéger l'ordre du Temple, le pape Clémént V fulmina la bulle "Pastoralis praeminentiae" qui ordonnait aux souverains européens d'arrêter
les Templiers qui résidaient chez eux et de mettre leurs biens sous la gestion de l'Église. De plus, le Pape demandait à entendre lui-même les Templiers à Poitiers. Mais, la plupart des
dignitaires étant emprisonnés à Chinon, le roi Philippe le Bel prétexta que les prisonniers (soixante-douze en tout et triés par le roi lui-même) étaient trop faibles pour faire le voyage. Le
pape délégua alors deux cardinaux pour aller entendre les témoins à Chinon. Il nous parviendra un document appellé le manuscrit ou parchemin de Chinon qui donne l'absolution aux responsables de
l'Ordre du Temple.
La première commission pontificale eut lieu le 12 novemnre 1309 à Paris. Elle avait pour but de juger l'ordre du Temple en tant que personne morale et non comme personne physique. Pour ce faire, elle envoya dès le 8 août une circulaire à tous les évêchés afin de faire venir les Templiers arrêtés pour qu’ils comparaissent devant la commission. Un seul frère dénonça les aveux fait sous la torture : Ponsard de Gisy, précepteur de la comanderie de Payns. Le 6 février 1310, quinze Templiers sur seize clamèrent leur innocence et furent bientôt suivis par la plupart de leurs frères.
Le roi de France souhaita alors gagner du temps et fit nommer à l'archiépiscopat de Sens un archevêque qui lui était totalement dévoué : Philippe de Marigny.
Celui-ci envoya cinquante-quatre Templiers au bûcher le 12 mai 1310, suite à leurs aveux extorqués sous la torture en 1307. Tous les interrogatoires furent terminés
le 26 mai 1311.
Le concile de Vienne :

Le 22 mars 1312, le Pape fulmina la bulle Vox in Excelso qui ordonnait l'abolition définitive de l'ordre. Pour ce qui est du sort des Templiers et de leurs biens, le pape fulmina deux autres , l'une concernait les biens du Temple qui furent légués en totalité à l'ordre de l'Hôpital (à l'exception de l'Espagne et du Portugal , où deux ordres naquirent des cendres de l'ordre du Temple, l'Ordre de Montesa et l'Ordre du Christ), et l'autre déterminait le sort des hommes. Ceux ayant avoué ou ayant été déclarés innocents se verraient attribuer une rente et pourraient vivre dans une maison de l'ordre alors que tous ceux ayant nié ou s'étant rétractés, subiraient un châtiment sévère (la peine de mort).
Toutefois, le sort des dignitaires de l'ordre du Temple restait entre les mains du pape.
Le sort des dignitaires :Une commission pontificale fut nommée le 22 décembre 1313. Elle était constituée de trois cardinaux et d'avoués du roi de France et devait statuer sur le sort des quatre dignitaires de l'ordre. Devant cette commission, ils réitérèrent leurs aveux. Les quatre Templiers furent amenés sur le parvis de Notre Dame de Paris afin que l'on leur lût la sentence. C'est là que Jacques de Molay, maître de l'ordre du Temple, Geoffroy de Charnay, Hugues de Pairaud, visiteur de France et Geoffroy de Goneville apprirent qu'ils étaient condamnés à la prison à vie.
Toutefois, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay clamèrent leur innocence. Ils avaient donc menti aux juges de l'Inquisition, furent déclarés relaps et
devaient subir une autre sentence.
Le lendemain, Philippe le Bel convoqua son conseil et, faisant fi des cardinaux, condamna les deux Templiers au bûcher. Ils furent conduits sur l'Ile aux
juifs afin d'y être brûlés
vifs.
Les dernières paroles du maître de l'ordre furent : « […] Je vois ici mon jugement où mourir me convient librement; Dieu
sait qui a tort, qui a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamné à tort : Dieu vengera notre mort. […] » Proclamant jusqu’à la fin son innocence et celle
de l'ordre, Jacques de Molay s'en référa donc à la justice divine et c'est devant le tribunal divin qu'il assignait ceux qui sur Terre l'avaient jugé. ».